Si on y réfléchit 2 minutes. Le discours officiel de tout commercial digne de ce nom, est de dire que le logiciel X va être développé de façon très propre, de façon à être le mieux possible pour le futur.
Maintenant observons un peu la réalité : ma super paire de chaussures italienne tout cuir génialissime à 79€ n'a même pas duré un an. Mes Tee-shirt n'ont plus aucune forme et ont la maille abimée au bout du 5ème lavage. Mon téléphone portable commence à déconner au bout du 11ème mois (ca tombe bien, comme de par hasard, juste un mois avant le renouvellement), la voiture de l'an dernier est déjà chez le garagiste "parce que vous comprenez ma petite dame, avec toute l'électronique qu'ils y mettent de nos jours..."
Bref, nous sommes dans une société de consommation jetable. Rien n'est fait pour durer.
D'où le paradoxe du métier d'architecte. D'un part, notre mission est d'accompagner le logiciel dans la durée, de pousser la flexibilité, la réutilisabilité, de faciliter la maintenance, d'avoir un système ouvert et fermé à la fois... Mais quand on met en place ce genre de process, on a toujours un commercial ou un chef de projet qui va râler à cause des coûts. Et soyons honnêtes avec nous même : on continue en général à voir beaucoup de quick and dirty dans l'ingénierie logicielle...
D'où le fait que je me demande parfois si le rôle d'un architecte a vraiment un sens. Bon ok, il existe surement quelque part, une entreprise qui prend vraiment tout ça au sérieux, mais globalement, dans tous les projets ou je suis intervenue, que ce soit pour faire de l'audit, de l'analyse, de la définition de process d'automatisation ou autre, c'est toujours pareil "pas le temps, pas d'argent, pas nécessaire, tu veux me faire une ferrari alors que je me contente de ma twingo..."
Bref, il y a des instants comme ca, où on se sent profondément inutile...
Et où on se demande si cette profession a un sens...
Elise
Ce post vous a plu ? Ajoutez le dans vos favoris pour ne pas perdre de temps à le retrouver le jour où vous en aurez besoin :